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Le pervers et le psychologue

  • Photo du rédacteur: O.CARLTON-NIMAJIMBE, Psychologue - Neuropsychologue
    O.CARLTON-NIMAJIMBE, Psychologue - Neuropsychologue
  • 7 mai 2024
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 12 avr.


Question : le pervers va-t-il chez le psychologue ?


Réponse : Non.


S'il y va, ce n'est que rarement dans le cadre d'une démarche sincère, ou tout au moins "classique".


Voyons ensemble trois situations pour le moins "tordues" dans lesquelles un pervers est amené à consulter un psychologue : les soins lui sont imposés par la Justice (a), la consultation est utilisée pour renforcer son emprise psychologique (b) et/ou la consultation est utilisée pour booster son ego (c).


A) Dans le cadre de méfaits, le pervers s'est retrouvé devant la Justice et celle-ci estime qu'il doit se faire "soigner".


L'objectif est clair : respecter les mesures imposées pour rapidement retrouver sa vie antérieure. Le pervers prend rendez-vous, se présente, parle peu ou beaucoup... pour ne rien dire.


Le pervers peut en revanche consulter pour des raisons bien plus sordides.


B) Renforcer son emprise et ses tactiques perverses.


Ici, la porte d'entrée est en règle générale une consultation de couple. Il s'agit premièrement de simuler sa bonne foi pour endormir les capacités de raisonnement de l'Autre :"Je consulte car je t'aime. J'ai compris mes torts et souhaite que tout s'arrange". Puis, il s'agit d'engranger des informations sur les vulnérabilités psychologiques de cet Autre ; ce qui permet dans le même temps de parfaire ses attaques. Enfin, il pourra utiliser toute phrase prononcée (ou pas) par le psychologue pour incriminer plus encore sa victime : "Le psychologue lui-même dit que". En effet, avis professionnel à l'appui, il tentera de renverser les responsabilités.

C) Le pervers, convaincu d'être particulièrement rusé, souhaite ajouter à son palmarès : "manipuler un psychologue"


Dans ce cas de figure, le pervers va consulter par défi personnel, plus ou moins conscient : parvenir à tromper un professionnel censé identifier le fonctionnement interne de son patient. En d'autres termes, au fond, il ambitionne de tromper celui qui ne devrait pas être trompé. S'il pense y être parvenu, il obtient nécessairement une gratification narcissique.


A noter que les trois raisons évoquées ci-dessus peuvent se combiner.


Et le psychologue dans tout cela, me direz-vous ? Eh bien cela dépend. Le psychologue peut en effet ne pas identifier cet aspect de la psyché de son patient. Ceci surtout si le suivi s'avère bref. Cependant, le psychologue peut également le "démasquer" et ceci rapidement. Tentera-t-il d'aborder cette problématique ou s'organisera-t-il pour abréger la prise en charge ? Cela dépendra du professionnel.


Et vous dans l'histoire ? Question essentielle. Un travail psychothérapeutique est pertinent. Il s'agira d'analyser suffisamment la situation pour vous en extraire, en limitant les risques qu'à l'avenir, vous ne trouviez pareil ailleurs... en pensant avoir enfin trouvé différent.


N.B. : Ici, "pervers" est utilisé au masculin pour simplifier. Bien entendu, le phénomène se retrouve aussi bien chez les femmes que chez les hommes.


< Article rédigé le 09/04/24, publié le 07/05/24, maj en 2026>





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